L’Opus Dei, confidences inédites : interview exclusive !

Mgr Antoine de Rochebrune - Opus Dei

Interview exclusive de Mgr Antoine de Rochebrune

L’Opus Dei a été fondée en Espagne en 1928. Elle compte aujourd’hui près de 90 000 membres dans le monde, et suscite toujours autant de questions. 10 ans après l’ouverture de notre site autour du Da Vinci Code, nous vous proposons une interview exclusive de Mgr Antoine de Rochebrune, prêtre, chapelain de Sa Sainteté, vicaire régional pour l’Opus Dei en France depuis 1999.

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The Da Vinci Code reloaded (.com) : Avec avec Philippe Legrand, vous venez de publier « Opus Dei, confidences inédites ». Pourquoi ce livre ?

Mgr Antoine de Rochebrune : Ce livre est une conversation dans laquelle est invité le lecteur. Il n’a pu être possible que dans le cadre d’une très belle relation de confiance qui s’est nouée entre Philippe Legrand et moi-même durant presque un an. Il a pour objet de répondre précisément à toutes les questions que vous pourriez imaginer sur l’Opus Dei, mais aussi sur des sujets d’actualité.

Pourquoi, selon vous, l’Opus Dei est-elle entourée de mythes vivants ?

Le roman puis le film Da Vinci Code ont fait une “belle oeuvre” pour y contribuer ! Il y a d’autres explications, bien sûr, que vous trouverez dans mon livre. Disons comme boutade que le nom “Opus Dei” suscite déjà le mystère avec une racine latine qui fait un peu “moyen âge” !

Plus de dix ans après le Da Vinci Code, que retenez-vous de ce film et quelles ont été les conséquences (dramatiques ou non) pour l’Opus Dei ?

Dix ans après, je retiendrai le côté positif d’une notoriété accrue : on a davantage parlé de l’Opus Dei, nous avons suscité beaucoup de curiosité. Du coup, cela nous a permis de  fournir un gros effort de communication pour contrecarrer le côté mystérieux, caché, qu’on nous a prêté à cause de ce film. D’un point de vue négatif, les conséquences ont été la publication d’autres livres négatifs à notre égard. Avec l’apparition des réseaux sociaux j’ai pu de toutes façon observer une tendance à “hystériser” le sujet religieux et à accroître une méfiance absolument injustifiée envers l’Église dans son message officiel ; c’est un problème.

Que représente aujourd’hui l’Opus Dei en France et dans le monde ? (chiffres, sociologie, budget, différentes oeuvres ?)

Côté chiffres, nous comptons en France 2360 fidèles et coopérateurs et 29 prêtres. Dans le monde, 90 000 personnes, La sociologie : universelle ! Car notre public, c’est tout le monde. Le budget de la prélature de l’Opus Dei en France est de 600 000 euros annuels. Les oeuvres auxquelles nous apportons une aumônerie et orientation chrétienne sont par exemple des écoles de l’enseignement primaire, secondaire, une école de Commerce, des foyers d’étudiants, des lycées professionnels d’hôtellerie et de service à la personne, etc. Vous trouverez des réponses plus détaillées dans notre livre.

Qu’est-ce qu’une prélature « personnelle » et pourquoi l’Opus Dei est-elle la seule à en bénéficier ?

La prélature personnelle est une figure juridique adaptée à des missions pastorales particulières que l’Église veut mener à partir des personnes (d’où l’adjectif “personnel”) : la mission de l’Opus Dei est la diffusion de l’appel à la Sainteté chez les laïcs dans le monde entier, et la pratique de cet itinéraire de Sainteté. L’Opus Dei est pour l’instant la seule qui a reçu ce statut du Saint Siège, mais je suis sûr que d’autres formes pastorales trouveront dans ce statut l’aboutissement de leur statut juridique.

Quel est son but, au fond ?

Comme je vous l’ai dit : éveiller en tout homme sa sensibilité religieuse. J’aime rappeler la phrase du grand philosophe Henri Bergson: “en chacun d’entre nous, il y a un mystique qui sommeille”… A nous de le réveiller et de l’aider à se mettre en marche vers son terme : la Sainteté ; tout cela par une formation adaptée à la vie ordinaire au milieu du monde.

Comment s’appellent les différents membres de l’Opus Dei, qui sont-ils ?

Succinctement : numéraires, numéraires auxiliaires, agrégés, surnuméraires… je vous renvoie vraiment vers le livre où vous trouverez les explications de ce que recouvrent ces termes. Disons qu’ils décrivent des situations de vie et de vocation des gens comme vous au milieu du monde.

Comment s’y prend-t-il pour accompagner ses membres ?

Très simplement : on se donne des rendez-vous ! Pour l’accompagnement spirituel, individuel, cela peut être dans un café, dans un parc public, dans une église, dans un confessionnal : au choix ! Il y a également des formations en groupe qui peuvent se donner dans un salon, une chapelle, un café, sur une plage : bref, là où la vie propose un lieu!

Comment définiriez-vous la spiritualité de l’Opus Dei ?

Comme un esprit laïc, imprégné d’une âme sacerdotale, fortement mariale, eucharistique et fondée sur la filiation divine. Là aussi, pour plus d’explications, lire les écrits de Saint Josémaria, le fondateur, par exemple dans ce site.

Dans le Da Vinci Code, on voit une mortification d’un pseudo-membre de l’Opus Dei, le moine Silas (alors que l’Opus Dei n’a pas de moines). Mais qu’est-ce qu’une « bonne mortification » et à quoi sert-elle ? Quels saints se mortifiaient ?

La souffrance excessive et caricaturale de ce moine n’est ni chrétienne, ni raisonnable. Donc rien à voir. Vous et moi, nous acceptons de souffrir pour bien des choses : parfois pour perdre un peu de poids ou arrêter de fumer, parfois pour nous entraîner au marathon, parfois pour étudier des heures durant afin de réussir un examen, parfois pour aller vers les plus pauvres et partager leur vie. La pénitence ou mortification chrétienne a pour but de rejoindre la Souffrance inimaginable et inimitable de Jésus-Christ sur la Croix, offerte pour le Salut du Monde. A ce moment là, elle devient prière du corps, symbole d’une lutte intérieure pour nous améliorer : mais rien de pathologique dans cela.

Où peut-on trouver des témoignages de membres de l’Opus Dei ?

Dans le site de l’Opus Dei, et mon témoignage personnel dans le livre !

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