Interview exclusif du Dr. Michel Doublier-Villette

Le Dr. Michel Doublier-Villette est médecin, marié et père de dix enfants. Il a reprit voici 6 ans ses études en faculté d’Etat, à Lyon, où il a soutenu des mémoires d’archéologie sur l’ « l’Etat de la Joséphologie ». Fondateur du Centre Français de Recherche et de Documentation Joséphaines, auteur de « La Saga de Saint Joseph », il répond sans équivoque à nos questions en soulignant le lien entre son livre et le Da Vinci Code.

De quoi parle votre livre « La Saga de Saint Joseph » ?

C’est la vulgarisation de ces mémoires d’archéologie : « 2000 ans d’Histoire et d’œuvres d’art, 2000 ans de cache-cache avec Joseph », d’où le sous-titre.

Quel est le rapport avec le Da Vinci Code ?

Depuis 2000 ans Joseph est au cœur du débat sur l’Incarnation du Verbe. C’est « l’homme de la situation » pour répondre aux impostures anti-chrétiennes, dont le Da Vinci Code n’est que le sommet de ce vieil iceberg antichrétien, modernisé, médiatisé.

Avez-vous lu le Da Vinci Code ? Et le film ?

Surtout pas : il ne faut ni donner un centime à ces impostures, ni perdre son temps. Ce que l’on en a dit suffit pour cerner les impostures antichrétiennes.

Qu’en pensez-vous ?

Ce que je viens de dire : c’est une vieillerie antichrétienne vieille de 2000 ans.

Comment expliquez-vous que Marie et Joseph sont totalement absents du Da Vinci Code ?

Ce n’est pas le sujet de Dan Brown. Le thème sulfureux de Marie-Madeleine et de Jésus lui suffit.

Pour vous, à quoi le Da Vinci Code porte le plus atteinte ?

C’est la bimillénaire contestation: le refus de la divinité de Notre Seigneur Jésus Christ, depuis les juifs, les gnostiques, les ariens, les musulmans et jusqu’aux sectes du New Age d’aujourd’hui. Et c’est peut-être aussi le refus primordial de Lucifer, son « Non serviam ». Le refus du plan divin de Son Incarnation. Le refus de servir Dieu dans une créature, le Verbe incarné. Refus qui l’amena à tenter Eve.

Le Da Vinci Code s’attaque-t-il à la divinité du Christ ?

En n’en faisant qu’un homme, évidemment.

Dire que Jésus aurait eu des frères et sœurs, est-ce le même ressort que la prétendue liaison entre le Christ et Marie-Madeleine supposée par le Da Vinci Code ?

D’une certaine façon, oui, car c’est toujours la virginité, la pureté (« sans laquelle on ne peut approcher du Dieu de toute sainteté », Dom Guéranger), qui est en cause.

Pensez-vous que Dan Brown connaît bien l’histoire de l’art ?

Je ne sais pas. Il semble que non car il y a plein d’erreurs, mais comme il ne s’agit que d’une fiction Dan Brown peut avoir joué avec ce qu’il sait et en faisant même des erreurs volontaires pour défendre sa thèse d’une fiction. Qu’il connaisse bien ou non l’Histoire de l’Art, ou même l’Histoire ou les Evangiles, n’est pas important au regard des dégâts spirituels commis mais aussi, à l’inverse, du regain d’intérêt pour Jésus.

Qu’est-ce que les apocryphes ?

Ce sont des faux, dont l’auteur réel est caché (kruphos en grec).

Que pouvez-vous nous en dire ?

Je préfère renvoyer à mon livre car ce serait trop long ici : tant sur les apocryphes « sympathiques » (qui défendent l’Incarnation du Verbe) que les « non sympathiques » (qui la contestent).

Qu’est-ce qui ne vous plaît pas dans l’article du Monde de la Bible de J-B Michel intitulé « l’effet Jésus, des apocryphes au Da Vinci Code » ?

Tout ! C’est une véritable escroquerie scientiste, sous couvert d’articles de vrais savants, dont beaucoup sont Juifs non convertis, et donc, à priori contre l’Incarnation du Verbe, mais louant Jésus comme le plus parfait des prophètes… (les musulmans le diront « le dernier prophète avant Mahomet »). Pour tous, ce n’est qu’un homme, aussi parfait soit-il. Dans les pages 87 à 100 de mon livre, je le montre très facilement. Disons seulement ici que Le Monde de la Bible, qui fait partie des Editions Bayard (l’ex « Bonne Presse ») et qui se veut une revue scientifique et catholique, n’a presque aucune rigueur scientifique… et que sa rigueur est à l’inverse au service des impostures anti-chrétiennes. C’est très ennuyeux, tant pour Le Monde de la Bible que pour le groupe Bayard.

Que pouvez-vous nous dire de St Irénée (dont c’était la fête hier) par rapport à l’évangile de Judas ?

Cet apocryphe fut redécouvert en Egypte dans les années 1970. On ne le connaissait jusque-là que par St Irénée (130-202) qui le pourfendit dans son traité « Contre les hérésies » où il nous apprend qu’il fut écrit faussement au nom de Judas par la secte des « caïnites » qui vénérait Caïn, le fils maudit d’Adam et Eve. Pour eux, Caïn était l’héritier du vrai Dieu, victime du Créateur. La secte, en bonne logique, prenait la défense de Judas, comme de Caïn et les déclarait tous deux: « non coupables ».

En quoi Saint Joseph représente-t-il une saga ?

Une saga est ce qui se dit, se raconte. A ce titre, depuis 2000 ans, il est intéressant de découvrir ce qui a été dit de St Joseph, jusque dans l’iconographie, et d’en tenter une synthèse, à travers son « jeu de cache-cache » avec nous. L’évolution du visage de St Joseph au cours des siècles, dans le monde. C’est ce que j’ai essayé de faire dans mon livre.

En quoi, selon vous, est-il l’homme de la situation pour l’Eglise d’aujourd’hui ?

Pour l’Eglise d’aujourd’hui plus que jamais, mais aussi depuis 2000 ans, Saint Joseph est incontournable, car il est le témoin de l’Incarnation du Verbe, face à toutes les hérésies, et à travers toutes les périodes de cache-cache. Il est le « gardien du Rédempteur », le protecteur de la Sainte Famille, donc le patron de toutes les familles. Protecteur de la Sainte Famille, l’Eglise en formation, il est donc aussi le patron de l’Eglise Universelle. Il est de tous nos combats d’aujourd’hui, où l’on souffre « d’absence du père », dans la vie de tous les jours, et jusqu’au plus hauts niveaux des nations :

• Pour le respect du caractère sacré de la vie humaine, que l’on expérimente, que l’on tue massivement, que l’on clone. On ne méditera jamais assez sur le lien qu’il y a entre deux faits: le premier, que Saint Joseph a permis l’Incarnation du Verbe et le second : que faute d’atteindre le Créateur, le Malin se retourne aujourd’hui contre la Créature qui a permis Son incarnation… et qu’il se retourne même contre l’ensemble de Sa création. C’est d’une telle évidence en écoutant les infos que cela en devient banal. Ce lien souligne la toute puissance de Saint Joseph si on pense à l’invoquer dans notre crise de civilisation.

• Pour la pureté. Faut-il de longs discours pour insister sur l’actualité de Saint Joseph, aujourd’hui plus que jamais ?

• Pour la dignité du travail.

• Etc. Il suffit de penser à ce que ferait St Joseph dans les situations que nous vivons aujourd’hui.

Etre à l’imitation de Jésus… c’est être à l’imitation de Joseph qui éduqua Jésus.

Comment Saint Joseph pourrait-il aider les catholiques à annoncer l’Evangile ?

En étant comme je viens de le dire: à l’imitation de St Joseph pour mieux être à l’imitation de Jésus, son fils, son élève, son ouvrier. Mais pour arriver à cela il faut évidemment « connaître » Saint Joseph. Dieu nous a créé « pour le connaître, l’aimer et le servir » (réponse à la première question du catéchisme). On ne peut servir Dieu si on ne l’aime pas ! On ne peut l’aimer si on ne le connaît pas ! Pour St Joseph, Père de Dieu fait homme, c’est pareil: il faut d’abord le connaître, pour l’aimer puis le prier. La connaissance précède la dévotion. J’espère que mes travaux sur St Joseph donneront le goût d’étudier St Joseph puis de le prier dans les circonstances assez dramatiques que nous vivons, lui, « l’homme de la situation ».


Pour commander La saga de St Joseph, 2000 ans d’Histoire et d’œuvres d’art, 2000 ans de cache-cache avec Joseph : Editions du CFRDJ, « quartier de Montjoye », F 26400, Vaunaveys. 25 euros port compris.

Contact et Internet : doublier@josephologie.info / http://www.josephologie.info

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