Interview exclusif de Mona Lisa

mona-lisa-bleu-jauneMona Lisa : « Le Da Vinci Code a profité de mon mystère pour vendre d’autres secrets. »

Quelques semaines après la sortie du Da Vinci Code – le temps de retrouver sa trace – le Da Vinci Blog vous propose l’interview exclusive de celle qui fut, bien des siècles avant Monica Bellucci, la plus belle femme du monde.

Pr. Youri Davincikoff : Quel regard portez-vous sur le succès et sur la polémique née du best-seller de Dan Brown ?

Mona Lisa : J’ai le même regard depuis 500 ans… et il intrigue sûrement davantage que ce Da Vinci Code. Disons que je suis rompue à ce genre d’engouement, d’hystérie de fascination. En ce qui concerne la polémique, je ne me sens pas particulièrement concernée, mais elle me fait plutôt sourire : tout le monde oublie que mon cher ami Léonardo da Vinci était un fervent catholique.

Avez-vous vu le film ?

Oui, même si mon portrait était enfermé au Louvre et qu’ils ont tourné sans lui !

Qu’en avez-vous pensé ?

Comme le livre : c’est si dommage que Dan Brown n’ait pas fait appel à de vrais historiens ou qu’il laisse croire, comme il l’indique en avertissement, que tout est avéré. Il aurait pu monter une intrigue à suspens sans raconter autant de sottises, le succès aurait été le même, voire meilleur, car les catholiques seraient allés voir son film, comme pour Les Visiteurs.

Ces temps-ci on vous retrouve beaucoup sur les affiches, sur les couvertures de livres, dans les reportages à la télévision. Percevez-vous des droits d’auteurs pour cette exploitation de votre image ?

Vous savez, au Ciel, je n’ai pas besoin d’argent, j’ai pour toit la Grande Ourse et comme lit, le baldaquin des étoiles. En revanche, si je suis plutôt flattée de me voir aussi souvent en portrait, j’aimerais aussi qu’on m’interview plus régulièrement ! A propos, je vous remercie de m’avoir sollicitée, je ne vois pas souvent des journalistes, ici !

Cela ne vous gêne pas que l’on utilise votre image à des fins médiatiques ou commerciales ?

Un peu dans la mesure ou le Da Vinci Code a profité de mon mystère pour vendre d’autres secrets (fictifs, je précise). Tant que le secret de mon sourire reste bien gardé, je n’ai aucun problème avec la publicité. Mais lorsqu’on porte atteinte aux croyances de mon ami Léonardo… c’est différent !

Pouvez-vous nous dire quelle relation entreteniez-vous avec lui ?

Je l’aimais beaucoup – comme un frère – mais nous n’avons jamais vécu ensemble, contrairement à ce que laissent entendre certains ici-bas !

Comme pour la prétendue relation entre Jésus et Marie-Madeleine ?

Je ne sais pas ce que les gens ont à voir des coucheries – excusez-moi du mot – un peu partout, mais franchement, vu d’en haut, c’est pathétique. Prenons un peu de hauteur, ayons plutôt de grands sentiments !

Vous êtes un modèle de renom, mais vous semblez également rompue aux techniques du marketing…

L’un n’empêche pas l’autre. Et ce n’est sûrement pas moi qui souffrirai d’une overdose médiatique.

Qui alors ?

Peut-être le réalisateur, les acteurs… je ne sais pas, demandez-leur, si vous pouvez les joindre, moi je n’arrive pas !

Vous ne manquez pas d’humour…

Ne vous demandez plus alors pourquoi je souris !

C’était justement la question suivante. En décembre 2005, le magazine The New Scientist a réalisé une étude selon laquelle votre sourire est à 83 % heureux, 9 % écœuré, 6 % craintif et 2 % en colère. Qu’en pensez-vous ?

83% de bonheur ? Il me semblait que c’était 100 %, mais ce n’est pas mal du tout : Dieu sait qu’en ce monde, trop peu de personnes peuvent se targuer d’être heureux à 83%.

Mais ce sourire alors, quel est-il ?

Demandez-donc à Julia Roberts ou à Audrey Tautou… Non je blague : je dirais que ce sourire n’appartient qu’à celui à qui il était destiné.

Léonardo ?

Léonardo était un ami, je vous l’ai dit. Non, ce n’était pas lui… Et puis je ne vais tout de même pas vous raconter une aussi vieille histoire d’amour !

Ce mystère a inspiré nombre d’artistes, à travers les siècles et encore aujourd’hui. Que pensez-vous des œuvres qui se sont inspirées de vous ?

J’en suis très honorée, une fois de plus. C’est très intéressant de voir comment l’art vous perçoit au fil du temps. Mais au fond, vous savez, mon sourire importe peu.

S’il importe peu, pourquoi alors en faire un mystère ?

Ce n’est pas un mystère ! Comme vous dites, des tas de gens s’intéressent à mon sourire et cherchent une signification particulière. En réalité, il faut comprendre que je souriais ainsi parce que j’étais heureuse ! Aujourd’hui, les gens ne sourient plus : regardez dans le métro, tout le monde ou presque fait grise mine !…

Pourquoi alors étiez-vous heureuse ?

Je vais vous le dire : j’avais peut-être bien trouvé le chemin du bonheur. La question que chacun de nous devrait se poser est en réalité « qui nous fera voir le bonheur ? ». Et il faut être patient pour trouver la réponse, elle ne vient pas tout de suite, croyez-moi !

Vous êtes devenue patiente avec le temps ?

Patiente, oui. Mais toujours en décalage par rapport à la société qui défile devant mes yeux. Parfois, le monde me fatigue, je le trouve incapable de puiser dans ses racines.

Quelles racines ?

Les racines chrétiennes, par exemple, ça ne vous dit rien ?

Tout cela n’appartient-il pas au passé ?

Regardez : moi-même, je suis une figure du passé, j’appartiens au passé, et pourtant, ne suis-je pas encore d’actualité puisque vous m’interviewez aujourd’hui ?

Qui est-ce qui fait l’interview, c’est vous ou c’est moi ?

C’est vous !

Vous ne manquez pas de répondant non plus… On dit souvent que vous faites beaucoup souffrir les amateurs d’art, les historiens qui n’arrivent pas à vous cerner alors que vous les narguez depuis des siècles… est-ce vrai ?

On m’a en effet prêté de nombreuses identités, qui m’ont souvent beaucoup fait sourire. On n’a volé mon portrait, on l’a fait voyager, à New-York, Moscou, Tokyo. Il a appartenu à de grands hommes, François 1er, Napoléon… mais finalement on oublie de faire la distinction entre moi, Mona Lisa, et mon portrait, La Joconde.

L’auteur du Da Vinci Code, est également dépeint comme un homme très secret, mystérieux. Lui avez-vous rendu visite ?

Une nuit, je lui ai parlé. Mais il a cru que c’était un rêve, et bien sûr il s’est bien gardé d’en parler. J’ai essayé de le convaincre de gommer certaines erreurs de son livre – elles sont si nombreuses – mais il n’en a fait qu’à sa tête !

Comme par exemple ?

La façon dont il dépeint l’Eglise est vraiment désolante : quel dommage d’être aussi caricatural !

Vous ne croyez pas qu’il y a un fond de vérité dans tout cela ?

Sur l’Eglise ? Vous me faites bien rire. D’accord, aujourd’hui les catholiques prêtent le flanc lorsqu’ils ne croient plus assez dans la Résurrection pour L’annoncer à tous ceux qui n’ont pas la chance de Le connaître, mais attaquer ainsi la Sainte Eglise et son message, c’est anti-créatif.

Qui étiez-vous Mona Lisa ?

Ce sera peut-être l’objet d’un prochain film. J’étais catholique, c’est sûr, en tout cas : l’histoire le démontre !

Propos décodés par le Pr. Youri Davincikoff.

One thought on “Interview exclusif de Mona Lisa

  1. passionnante interview!
    mais pourquoi ne cherche-telle pas à joindre Audry Tautou?ça pourrait donner lieu à une interview croisée très intéressante

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