Cardinal Poupard : « un peuple de non-croyants ne peut se passer de croire ! »

Extraits d’une interview du cardinal Paul Poupard, président du Conseil Pontifical pour la Culture depuis 1982, également chargé du dialogue interreligieux par Benoît XVI, par l’hebdomadaire catholique Famille Chrétienne.

Comment réagissez-vous par rapport au phénomène du Da Vinci Code ?

Au-delà de l’effet de mode, j’y vois un symptôme de la situation culturelle actuelle du monde. Car la déferlante médiatique qui a accompagné et amplifié cet événement ne l’a pas créé.

Deux vagues se heurent aujourd’hui, apparemment antinomiques : une sécularisation croissante, et ce qu’on appelle « le retour du religieux ». En fait, il n’y a pas eu de départ ! Ce sont les sciences sociales, imbues du préjugé du dépérissement inéluctable des religions, qui nous ont mis cette idée en tête. Mircela Eliade voyait beaucoup plus clair : « L’homme est fondamentalement homo religious ». En revanche, il y a eu une perte de crédit des grandes religions, et une érosion de la pratique religieuse. La conséquence, c’est ce que constatait déjà le prophète Ezéchiel : « s’ils se détournent de l’eau vive, ils iront vers les citernes crevassées ». Et le curé d’Ars, d’une autre manière : « Enlevez-leur les prêtres, ils adoreront les bêtes. » La culture dominante récuse le transcendant et l’absolu. Mais, si vous relativisez l’absolu, les gens absolutisent le relatif. Nous en avons eu un exemple tragique, au siècle dernier, avec les dizaines de millions de morts causées par les totalitarismes, qui ont absolutisé la classe, la race…

Les attaques actuelles contre le christianisme n’engendrent pas un athéisme tranquille ! Elles ouvrent la porte à toutes sortes de nouveaux mouvements religieux. C’est dans ce contexte que s’insère la vague de Da Vinci Code. Un peuple de non-croyants ne peut pas s’empêcher de croire !

Le prof. Youri Davincikoff ne saurait que trop vous conseiller de lire le reste de cet article dans Famille Chrétienne n°1482 !

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